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Peut-on garer une remorque dans la rue ? Durées autorisées, zones interdites, amendes : tout ce que dit le Code de la route sur le stationnement des remorques.
Peut-on garer une remorque dans la rue ? Oui, c'est légal, mais sous certaines conditions. Le Code de la route encadre clairement la question, et beaucoup de propriétaires découvrent les règles au mauvais moment, quand ils trouvent un avis de contravention sous le timon ou que la remorque a disparu, emmenée en fourrière. Voici ce qu'il faut savoir pour éviter cette situation.
Au sens du Code de la route, une remorque est un véhicule non automoteur sur roues. Elle est soumise aux mêmes règles de stationnement que n'importe quel autre véhicule, qu'elle soit attelée ou non.
L'article R417-12 est clair : le stationnement ininterrompu d'un véhicule au même endroit sur la voie publique pendant plus de sept jours est considéré comme abusif. Cette règle s'applique à toutes les remorques, quelle que soit leur taille ou leur PTAC. Les communes peuvent aller plus loin en fixant par arrêté municipal une durée maximale inférieure. Dans les zones touristiques, ce délai peut tomber à deux heures pour les ensembles véhicule et remorque dépassant 20 mètres carrés, dès lors qu'un procès-verbal a déjà été établi.
Une remorque garée sans véhicule tracteur ne bénéficie d'aucune dérogation particulière. Elle reste soumise aux mêmes règles qu'un véhicule classique et peut être verbalisée ou mise en fourrière dans les mêmes conditions. Dès le décrochage, la roue jockey pour remorques prend le relais pour maintenir la flèche à hauteur et stabiliser l'ensemble sur sol plat avant toute immobilisation prolongée.
Ce point surprend souvent : beaucoup pensent qu'une remorque non attelée est assimilée à un objet et échappe aux règles du stationnement. Ce n'est pas le cas. Du moment qu'elle occupe la voie publique, les agents peuvent intervenir.
La règle des sept jours ne protège pas non plus contre une verbalisation pour stationnement gênant ou dangereux. Ce type d'infraction peut intervenir à tout moment, dès lors que la remorque oblige les autres usagers à effectuer des manœuvres ou présente un risque pour la circulation.
Certains endroits sont formellement exclus, quelles que soient la durée et la configuration de la remorque.
Le trottoir est interdit, sauf dérogation spécifique accordée par la commune. Une remorque qui empiète sur le trottoir, même partiellement, peut être verbalisée pour stationnement gênant.
Les abords des intersections, passages piétons, entrées charretières et bouches d'incendie sont également exclus. Les ponts, tunnels, passages à niveau et voies vertes le sont aussi. Sur ces emplacements, pas de délai de tolérance : la verbalisation peut intervenir immédiatement.
Les zones de livraison, les emplacements réservés aux véhicules de transport public et les places PMR sont concernés. Sur une place réservée aux personnes handicapées, l'amende est de 135 euros et la mise en fourrière peut être immédiate.
Les remorques à bateau concentrent une bonne partie des litiges liés au stationnement des remorques, surtout dans les communes côtières et autour des plans d'eau.
Leur gabarit est souvent plus encombrant qu'une remorque standard. Leur forme, avec des bras de support qui dépassent latéralement, peut constituer une gêne réelle pour les piétons et les cyclistes.
Autour des rampes de mise à l'eau, les communes disposent généralement d'espaces dédiés, mais leur utilisation est souvent limitée dans le temps et réglementée par arrêté local. Laisser sa remorque sur le parking de la rampe pendant toute la durée d'une sortie en mer est souvent toléré, mais pas toujours autorisé formellement. En haute saison, ces espaces sont saturés et les contrôles nettement plus fréquents. Se renseigner auprès de la capitainerie ou de la mairie avant de laisser la remorque est toujours la meilleure approche.
Le tableau ci-dessous récapitule les principales infractions et leurs sanctions, telles que définies par le Code de la route :
Les amendes non réglées dans les délais sont majorées. Le stationnement très gênant passe à 375 euros passé 45 jours sans paiement. Les frais d'enlèvement et de garde en fourrière restent à la charge du propriétaire et peuvent rapidement s'accumuler si la remorque n'est pas récupérée rapidement.
Une remorque décrochée doit être maintenue en position stable. Une remorque qui bascule ou se déplace sur la voie publique engage la responsabilité de son propriétaire, que ce soit en cas de dommage matériel ou corporel.
Pour les sols en pente, meubles ou pour une immobilisation prolongée, une béquille de stationnement apporte l'appui nécessaire. Les modèles à platine large sont particulièrement adaptés aux sols qui cèdent sous la charge, comme la terre ou le gravier. Sur les remorques lourdes, c'est un équipement indispensable, pas seulement une précaution.
Sept jours maximum au même emplacement, pas de trottoir, pas de zone interdite, et une remorque correctement stabilisée : ce sont les règles de base. Dans les zones touristiques ou portuaires, les arrêtés municipaux peuvent réduire considérablement ces délais. Avant de laisser une remorque plusieurs jours dans la rue, vérifier la réglementation locale reste le réflexe à avoir.